Année après année, la direction de Capgemini pousse le bouchon encore plus loin, encore plus bas, encore plus inéquitable dans les négociations salariales.

TOUJOURS moins de place à une vraie négociation !

TOUJOURS moins de répartition équitable des revenus du travail au profit des actionnaires !
TOUJOURS pas d'ouverture à la mise en place d'un intéressement !

TOUJOURS pas de mesure d'augmentation collective !

Et cette année est tellement « TOUJOURS pas assez » que la direction France n'a pas été en capacité d'obtenir un accord majoritaire.
Mieux, et très révélateur sur le grand minimalisme des propositions de la direction : ZERO signataire. Ce qui ne signifie pas qu'une étiquette syndicale, signataire des 24 derniers accords chez Capgemini, n'était pas tentée de signer, surtout après s'être appropriée sans vergogne sur son site web l'exclusivité des reventications des autres délégations syndicales et avoir vanté tous les points positifs de cet accord !!! Mais voilà, une signature en solitaire, cela demande du courage.

Donc, une fois de plus, la CFDT ne pouvait pas cautionner la politique salariale de l'UES(1) Capgemini et n'a pas signé l'accord Salaires 2017, si rapidement verrouillé. Quelques explications à suivre...

Rappels chiffrés et rapide tour des propositions de la direction (rapide est un terme on ne peut plus adéquat)

Quels marqueurs trouve-t-on dans le communiqué de presse adressé par la direction aux salarés français le 15 février au sujet des résultats financiers 2017 ?

  • Croissance de 4% du C.A. Groupe sur l'année, supérieure aux objectifs fixés (3%) !
  • Taux de marge opérationnelle Groupe de 11,7%, en progression  de 4% en valeur !
  • Résultat net du Groupe (820 M€) en croissance de 11% !
  • Proposition de hausse du dividende par action de 9,7% !
  • Perspectives d'accélération de la croissance en 2018 avec une progression de 6 à 7% du C.A. Groupe !
  • En France (21% du C.A. Groupe), croissance de 5,2% du C.A. et marge opérationnelle à 9,9% !
  • Conclusion : DU FLOUZE, DU BROUZOUF, DE L'ARTICHE, Y'EN A EN FRANCE !
  • Vous voulez une preuve de plus : la direction a annoncé un quasi doublement des augmentations individuelles par rapport à l'année dernière. S'il y a de quoi alimenter cette progression, il devrait y en avoir aussi pour le PARTAGE EQUITABLE des fruits du travail (pardon pour ces gros mots !)

Et que nous proposent nos dirigeants aux résultats si mirobolants ?

  • Une mesure de rattrapage salarial (nous n'insisterons jamais assez sur le fait que ce ne sont pas des augmentations !), en deux volets (non cumulatifs) pour des salariés non augmentés depuis deux ans, ou dont l'évolution salariale sur cette période n'aurait pas atteint le maxima.
    Un point positif à retenir : la direction a accepté de retirer sa distinction sur le statut (cadre ou non cadre).
    Un gros point négatif : tous les salariés ayant bénéficié d'une mesure de compensation (notamment les anciens Sita de St-Cloud ou les ex Euriware) sont exclus de cette mesure !
    Cette "somptueuse" mesure ne représente qu'une infime augmentation de la masse salariale (0,10 %). Présentez vos sébilles.
    • 550 € bruts par an au max pour les salariés dont le SAT(2) n'excède pas le PASS(3) 2017, soit 39 228 €.
    • 300 € bruts par an au max pour les salariés dont le SAT(2) n'excède pas 55 000 €.

  • Un budget supplémentaire de 400 K€ dédié aux rattrapages salariaux dans le cadre de l'égalité Femmes-Hommes.
    Ce budget s'ajouterait en 2018 aux 500 K€ garantis par l'avenant de prorogation de 6 mois de l'accord Egalité 2015-2017, signé par la CFDT.

    Que l'accord Salaires soit validé ou non, la direction s'est engagée à appliquer cette mesure. Présenter cet argument comme un motif de signature serait donc une simple escroquerie intellectuelle, ce que d'aucuns n'hésitent pourtant pas à faire !

  • Nous avions demandé et obtenu fin 2017 la compensation intégrale pour les SAT(2) inférieurs à 30 K€ de la cotisation exceptionnelle de 6 € nets pour la complémentaire santé.
    Cette mesure sera appliquée même si l'accord salarial 2017 n'obtient pas une signature majoritaire, mais ce n'est qu'un engagement pris par la direction depuis plusieurs mois. Annoncer aujourd'hui que cette mesure est un acquis des négos salaires, ce serait un peu comme vendre deux fois la même marchandise.

  • Comme chaque année, la CFDT demandait que soit durablement établie une grille de minimas salariaux plus avenante que celle de la branche. nous demandons toujours des minimas Cap supérieurs de 5% au moins pour les salariés jusqu'aux cadres 2.3, soit environ 80% des effectifs.
    En s'arrêtant aux cadres 1.2, soit à 28% des effectifs, l'effort est faible et ne représenterait qu'une augmentation de 0,01% de la masse salariale 

  • La dernière mesure répond à une revendication exprimée par toutes les délégations, et pas une seule comme le prétendent certains amnésiques : des indemnités kilométriques vélo. Enfin direz-vous ? La 1ère ESN(4) française qui vante régulièrement sa responsabilité sociale intègre enfin ce dispositif dans ses habitudes. 25 cents du km pour un plafond annuel de 200 €. Bon, ce ne sont que les bases légales, mais c'est un début...
    Un début gâché par une exclusion non imposée par les dispositions légales : pour prétendre à ces IK vélo, il faudra faire une croix sur les remboursements d'abonnements aux transports collectifs ! Une telle générosité spontanée ne pouvait cacher qu'une espiègle filouterie...

Et la gratification pour les 50 ans ?
Et l'intéressement ?
Et l'augmentation des Titres Restaurant comme des IK ?
Et la revalorisation des primes liées aux horaires spécifiques ???

Par son absence de réponses, la direction signifie clairement sa préférence pour les actionnaires... Un partage de la profitabilité, vous plaisantez ?

Comment envisager donc de signer une telle mascarade méprisante, autrement que par complaisance, ou pire ?

(1) Unité Economique et Sociale
(2) Salaire Annuel Théorique
(3) Plafond Annuel Sécurité Sociale
(4) Entreprises du Secteur Numérique, autrefois appelée SSII