La grande majorité des salariés de l’UES(1) Capgemini sont soumis actuellement à un régime d’horaires collectifs. Ces horaires collectifs (horaires fixes de début et de fin de journée, temps de pause fixes) ne correspondent plus depuis longtemps aux réalités du terrain.

Sous la pression de l’Inspection du Travail, la Direction a donc décidé de négocier un accord pour mettre en place des horaires individualisés (sur le principe de plages fixes et de plages variables) et de déployer un nouvel outil (GTE = Global Time Entry). Tous les salariés de l’UES(1) (à l’exception des cadres en forfait jour, des cadres dirigeants et des salariés en horaires atypiques) devront alors saisir leurs heures d’arrivée, leurs temps de pause et leurs heures de départ

Rappelons que la CFDT n'était pas demandeuse d'une telle négociation. Pour autant, il nous a semblé opportun de recueillir les avis des salariés.

Les sondages effectués en janvier sur divers sites rennais, nantais et bordelais, ont permis de formaliser les demandes suivantes qui sont leurs vraies priorités aujourd'hui :

  • Faire appliquer les accords existants concernant la récupération des heures supplémentaires
  • Compenser les temps de déplacement
  • Obtenir des jours de congé pour enfants malades
  • Mettre en place un droit effectif à la déconnexion
  • Faciliter le recours au télétravail pour les salariés jusqu’alors exclus de ce dispositif
  • Mettre en œuvre le CET (Compte Epargne Temps) prévu de longue date dans l'accord 35 heures conclu au début de ce siècle

Dès le début des discussions, la CFDT a mis en garde la Direction, en insistant sur le calendrier irréaliste de mise en œuvre d’un tel projet, et en mettant en avant la diversité des situations dans l’UES… Sans parler du risque qu’un tel projet fera porter sur la santé des assistantes et du management intermédiaire. Ce projet vient s’ajouter en effet au déploiement difficile d’outils tels que MyConnect…

La Direction a voulu néanmoins aller vite en proposant un accord minimaliste et en tentant d’adapter un outil « Corporate » (GTE) aux réalités françaises. Résultat des courses, un an après l’ouverture des premières discussions :

  • 1 projet d'accord toujours pas abouti qui contient de trop nombreuses lacunes :
    • Trop peu de garanties sur les moyens donnés aux assistantes pour l’accompagnement des salariés,
    • Impossibilité de moduler la durée de travail d’une semaine à l’autre comme la loi le permet,
    • Trop peu de flexibilité sur les plages horaires,
    • Absence de garanties sur le suivi effectif par les Organisation Syndicales des horaires pratiqués,
  • 1 outil bancal, peu fiable et qui fait d’ailleurs actuellement l’objet d’un pilote chez Sogeti High Tech (déploiement là aussi dans la douleur…)

En conclusion, plutôt que de mettre en place des réponses pragmatiques aux attentes des salariés, la Direction a décidé d’ouvrir la boîte de Pandore du temps de travail, loin des priorités du moment des salariés !

 

(1) Unité Economique et Sociale