Mode dégradé de l'organisation du travail, les astreintes sont un paramètre d'ajustement aisé pour la direction et une contrainte forte pour les salariés qui y sont soumis.

En septembre 2009, la CFDT de Capgemini, qui n'avait pas cessé de dénoncer les incohérences et la médiocrité d'un accord datant de 2003, obtenait et signait un nouvel accord intégrant de nombreuses avancées (sur les règles du recours au télétravail, sur la garantie d'une révision régulière des différentes indemnisations, sur les moyens mis à disposition des salariés, sur le suivi de santé des salariés concernés, sur la traçabilité des interventions etc...).

Ces dernières années ont vu, plus particulièrement sur l'Infra, une dégradation progressive de l'application de cet accord, que nous avons souvent remontée à tous les niveaux de direction. Mais la logique financière fait fi des contraintes humaines, de la santé et de la sécurité des salariés ! Aussi, la CFDT a notifié en juillet la dénonciation de sa signature de cet accord, et demandé officiellement la résolution des incidents et l'amélioration de plusieurs points :

 

  • Mise en oeuvre d'un suivi fiable et régulier des astreintes et interventions, à destination des salariés et de leurs représentants.
  • Interdiction formelle d'affecter des tâches planifiées à des salariés en astreinte, alors qu'elles sont normalement couvertes par l'accord sur les TEA  (Tranches Exceptionnelles d'Activité).
  • Respect des temps de repos légaux. Laisser entendre, comme l'a récemment fait un ancien DRH Infra, que toute intervention réalisée pendant une astreinte n'aurait pour seul effet que de suspendre le décompte du temps de repos, est inentendable. Toute personne ayant connu la situation d'une ou plusieurs interventions en pleine nuit sait à quel point le repos peut en être affecté.
  • Application stricte des nombres maximum d'astreintes sur des périodes définies. La direction doit notamment faire cesser les périodes d'astreintes qui s'étalent sur plusieurs semaines consécutives.
  • Accompagnement financier des salariés quand s'arrêtent les astreintes. Comme cela a été fait, mais à titre exceptionnel, sur le contrat Sita à Saint-Cloud, où l'arrêt soudain des astreintes privait de nombreux salariés d'un pourcentage important des revenus qu'ils percevaient depuis plusieurs années.
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A noter que, très récemment dans le Sud-Ouest, l'initiative du CHSCT local de Sogeti a amené la Direccte (ex Inspection du Travail) à souligner quelques-unes de ces irrégularités à une direction locale un peu désemparée.

Bien qu'étant un acte fort et engagé, la dénonciation de notre signature ne frappe pas l'accord de nullité. La direction peut faire le choix d'ignorer ce fort différend (ce qui est pour l'instant le cas), peut-être même avec la complicité passive, mais complaisante, d'autres étiquettes signataires de l'accord et/ou d'un de ses avenants. Le signal du désintérêt de la direction pour la santé et la sécurité de ses employés n'en serait que plus frappant !