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La mobilisation continue autour des salaires chez Capgemini

La semaine dernière, ce sont près de 1 500 salariés qui se sont mobilisés partout en France, autour de l’appel de l’intersyndicale composée des syndicats CFDT, CGT, UNSA, FO, SOLIDAIRES et USAPIE.

Des très nombreux sites ont vu des salariés se rassembler à partir de 11H30 et plusieurs centaines d’entre eux se sont déconnectés à l’heure H.

Un seul mot d’ordre derrière cette mobilisation : une augmentation substantielle mais méritée des salaires pour tous les salariés français et surtout ceux dont la rémunération est la plus petite. On ne compte plus, en Ile de France ou en province, les salaires qui stagnent pendant des années ou qui évoluent à coup de « rattrapage salarial » tous les 2 ou 3 ans.

En effet, l’une des vertus de cette mobilisation, c’est d’avoir délié les langues. Le ras le bol est tellement important, le choc des actualités tellement percutant, que les salariés ont mis derrière eux le sacro-saint silence autour des rémunérations. Les témoignages autour de situations incongrues se multiplient et surtout les annonces de démissions sont particulièrement nombreuses

Le choc des actualités….car quand d’un côté, à coup de message quotidien, le service communication arrose les salariés de bonnes nouvelles sur la situation financière du groupe Capgemini, et de l’autre ils apprennent la sentence annuelle de leur non-augmentation…la coupe est pleine. Probablement que le contraste entre les maigres efforts du groupe pour récompenser des salariés fortement investis pendant la crise COVID, la multiplication des interventions médiatiques de notre direction brossant dans le sens du poil les actionnaires, et une inflation toujours plus forte, contribue à une prise de conscience accrue des salariés français sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond.

La société à l’as de pique n’a pas su contenir ce vent de contestation malgré les nombreux avertissements de ses partenaires sociaux, ces derniers mois. Quand la CFDT de Capgemini vient négocier en demandant uniquement des augmentations pour tous les salariés et qu’elle se voit tout bonnement être ignorée, il y a malheureusement un indicateur qui ne trompe pas : un écart toujours plus important entre les difficultés accrues qui remontent du terrain, et le prisme financier très étroit au travers duquel une société florissante cherche à négocier ses accords.

Un modèle qui séduit les investisseurs mais de moins en moins ceux qui œuvrent au quotidien sur des projets à plusieurs millions d’euros, projets dont on espère pouvoir tirer une marge toujours plus importante. Est-ce à dire que qu’à force de vouloir faire progresser le cours de son action, de faire plaisir aux heureux détenteurs de ce titre, les dirigeants du groupe en ont oublié l’un des rouages essentiels de cette belle mécanique ? Probablement. Les annonces prochaines faites en assemblée générale des actionnaires vont, à coup sûr, encore faire grincer des dents : progression vertigineuse des dividendes, rémunérations des dirigeants…

Il ne reste plus qu’à espérer que la mobilisation des salariés, qui s’annonce déjà importante, et que la négociation du 22 avril soient l’amorce d’un tournant vers une plus juste et pérenne répartition des bénéfices vers les salariés.