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La reprise est sauve mais les inégalités se creusent

Rappel : Extraits d’un article paru dans le numéro du 01/02/2018 du journal Alternatives Economiques

« Les priorités fiscales du budget 2018 sont claires. D’une part, la réduction de la taxation du capital, avec près de 5 milliards d’euros affectés à la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) et à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique. D’autre part, la poursuite de la baisse de la fiscalité pour les entreprises entamée sous François Hollande, avec 8 milliards d’allégements en 2018, comprenant la baisse de l’impôt sur les sociétés (IS), la hausse d’un point du taux du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), le crédit d’impôt pour la taxe sur les salaires et la suppression de la contribution de 3 % sur les dividendes. D’ailleurs, l’année 2018 sera marquée par le versement exceptionnel aux entreprises d’environ 5 milliards, correspondant à la seconde tranche du remboursement de la contribution à 3 % sur les dividendes, suite à l’annulation de cette mesure. En outre, ce versement ne sera pas compensé par une surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes, comme cela avait été le cas en 2017. »

« En revanche, les prélèvements affectant le pouvoir d’achat des ménages (hors fiscalité du capital) seront accrus. L’augmentation de la fiscalité indirecte sur le tabac et les énergies fossiles (taxe carbone, alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence) représente environ 5 milliards. L’effet négatif de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), non intégralement rééquilibrée cette année par la baisse de cotisations salariales, devrait se monter à 3,5 milliards. Le premier volet de la réforme de la taxe d’habitation (3 milliards) et l’élargissement du crédit impôt services à la personne (1 milliard) seront insuffisants pour compenser les mesures précitées. »

« Du côté des entreprises, 2019 se caractérisera, d’une part, par la poursuite de la baisse de l’impôt sur les sociétés (avec un objectif de taux de 25 % en 2022), mais surtout par un versement exceptionnel d’environ 20 milliards lié à la transformation du Cice en allégement de 6 points de cotisations sociales patronales et à l’abaissement à 0 % des cotisations au niveau du Smic. »

« En ce qui concerne les effets redistributifs des nouvelles mesures, en particulier la réforme de l’ISF et le prélèvement forfaitaire unique, ils favorisent largement les 2 % des ménages les plus riches, ceux qui détiennent une part importante du capital mobilier. En 2018, pour les ménages les plus modestes, les revalorisations tardives des minima sociaux ne sauraient compenser les fortes hausses de la fiscalité indirecte. Pour les « classes moyennes », les mesures devraient se compenser, avec au total un impact net nul. Enfin, les ménages situés au-dessus des classes moyennes mais en dessous des 2 % les plus aisés verraient leur niveau de vie se réduire sous l’effet des mesures nouvelles. »

« En définitive, si le premier budget du président Macron évite de casser la reprise en cours et bénéficie des effets différés des politiques d’offre du quinquennat précédent, il va en revanche être marqué par une répartition inégalitaire des gains fiscaux. La montée en charge de la fiscalité indirecte va peser sur les catégories sociales les plus modestes, alors que les ménages se situant tout en haut de la pyramide des revenus seront les grands gagnants des réformes, en raison de la baisse de la fiscalité du patrimoine mobilier et de ses revenus. En effet, 42 % de l’ensemble des gains fiscaux seront captés par les 5 % des ménages les plus aisés, et au sein d’eux principalement par les 2 % les plus riches. »


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