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Chez Capgemini : la magie du ruissellement

Le dernier message de la Direction en date du 29 mars, est une véritable leçon de prestidigitation. La couleuvre est tellement grosse qu’il est impossible à la CFDT de Capgemini de ne pas répondre à cette communication dans la droite ligne de la propagande capgeminienne dont nous sommes abreuvés depuis 2 ans : « rassurez-vous, tout va bien ».

En substance, ce message visait à expliquer aux salariés à quel point le partage de la richesse n’était plus un sujet discutable chez Capgemini. En toile de fond, de gros, de très gros chiffres, mais derrière leur prestige des apparences objectives, reposant sur des faits visiblement incontestables (les chiffres), notre devoir est de vous informer sur les non-dits et les choses écrites en tout petit.
 
Participation et intéressement : Capgemini se targue d’avoir multiplié le budget par 4 en l’espace d’1 année. Au-delà du fait qu’il ne s’agit que d’une simple application de la loi, cette communication omet bien volontiers de vous dire que cette mesure n’a rien de révolutionnaire. Ces primes sont bloquées pendant 5 ans, et en cas de perception immédiate de la somme, celle-ci est soumise aux cotisations et à l’impôt sur le revenu. Et surtout, la direction plafonne la participation et l’intéressement à moins de 3% de la masse salariale soit 7 fois moins que loi ne l’y autorise.
 
Augmentation et primes individuelles : quand la communication évoque une croissance de 51% du budget des augmentations, ce qu’elle omet de vous dire c’est que pour la plupart des entités, 50 à 60% des salariés en France n’ont pas été augmentés cette année, ce qui est considérable compte tenu des résultats dits « historiques » mais également de la part de la France dans les résultats du groupe (moins de 10% des effectifs pour ¼ du chiffre d’affaire). Quant aux primes, si elles peuvent être un élément de reconnaissance, elles ne constituent d’aucune manière, une voie pour renforcer le pouvoir de vivre des salariés dans le contexte économique inflationniste que nous connaissons.
 
Budget égalité professionnelle : il y a toujours quelques mesquineries dans les communications de la direction, et cette fois-ci c’est l’égalité femmes/hommes qui en fait les frais. Est-il encore utile de rappeler que la loi oblige les entreprises à annuler les inégalités de genre en leur sein ? Est-il encore utile de rappeler que si ce budget existe chez Capgemini, ce n’est pas pour faire une fleur aux salariés, mais bien parce qu’il existe des inégalités et que la direction est dans l’obligation d’y mettre fin…et cela fait 10 ans que cet accord existe !
 
Budget de rattrapage salarial : ironie ou vision d’avenir, si on se fie au graphique de la communication, la direction ne semble pas tabler sur une augmentation de ce budget 😉. Les propositions de la direction cette année sont très « classiques » avec, pour les salariés n’ayant pas eu une augmentation depuis 2 ans

    • Rattapage (appelé augmentation par la direction) salarial de 700 euros pour un SAT jusqu’à 43K€
    • Et de 450 euros pour un SAT jusqu’à 51 K€

On reste sur du rattrapage classique sans aucun effet sur le pouvoir de vivre des salariés Capgemini. 5 salariés sur 6 seraient donc exclus de cette mesure et le budget consacré pour toute la France serait de 1,84 M€. Si cela est très loin de compenser les effets négatifs de l’inflation notamment la hausse du carburant et de l’énergie, c’est avant tout un énorme signe de mépris envoyé à des salariés qui ont largement contribué aux résultats exceptionnels de Capgemini.
 
Les choses sont dites… derrière les gros chiffres, une simple application de la loi dans le meilleur des cas et des mesures souvent méprisantes, excluant une majorité de nos collègues.. Il reste à espérer que cette communication ne soit pas le reflet d’une pensée magique qui s’évertuerait à imaginer qu’en 2022 « on prend les mêmes et on recommence…mais en mieux encore (pour les actionnaires et VP du groupe) » comme le laisse sous entendre la fin du message.
 
La CFDT de Capgemini appelle la direction à reprendre ses esprits et faire de 2022 une véritable année historique pour TOUS les salariés.