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Je pollue, tu pollues, nous polluons …

Signataire et cofondateur du Pacte du Pouvoir de Vivre, la CFDT ne peut rester muette face à un phénomène qui s’amplifie : le numérique pollue de plus en plus.

Les supports électroniques et numériques nous sont souvent présentés comme les « sauveurs » de la planète. Qu’en est–il ?

Le sujet a été abondamment abordé par de nombreux médias mais certains aspects sont souvent ignorés.

L’électricité

C’est l’impact le plus évident : la multiplicité des équipements numériques personnels et des Data Centers entraînent une hausse de la consommation, et donc de la pollution, qui ne cesse de croître.

L’agence de la transition écologique (qui remplace depuis 2020 l’ADEME) indique que le numérique consomme désormais 5,5% de l’électricité mondiale.

La vision de vidéos en Streaming consomme, selon des associations écologistes, quelques 300 millions de CO2, soit l’équivalent de la consommation d’un pays comme l’Espagne.

L’utilisation intensive des e-mails reprĂ©sente Ă©galement un facteur aggravant.  Il est portant facile d’Ă©viter les « rĂ©pondre Ă  tous », effacer les e-mails lus ou les transfĂ©rer sur un support local…

Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) s’engagent Ă  plus de vertu en utilisant plus d’énergie renouvelable tout en dĂ©veloppant de plus en plus d’applications, source de pollution. Cela demande souvent des Ă©quipements de plus en plus puissants. Et les projets de voitures autonomes ou Metaverse, projets parfaitement inutiles, ne feront qu’aggraver le phĂ©nomène.

Il faut noter que même si les États-Unis sont les champions de la  pollution numérique, des pays comme la Chine sont dans une phase ascendante en développant des applications équivalentes à celles des GAFAM, avec les équivalents chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).

Production des Ă©quipements

Moins souvent évoqués, le numérique requière des équipements. Leur production est extrêmement coûteuse en matières premières et en énergie. Fabriqués en Asie, ils sont ensuite livrés dans tous les pays.

On estime qu’il faut 800 kilos de matières premières pour produire un ordinateur de 2 kilos.

Autre problème critique : les constructeurs incitent leurs clients à changer leur matériel le plus vite possible. Ils utilisent des moyens commerciaux et techniques (on parle d’obsolescence programmée).

Enfin, ces équipements ne sont pas forcément triés et lorsqu’ils le sont, la plupart des composants ne sont pas recyclables. La quantité de déchets est considérable et souvent très nocifs.

Ces matières premières sont souvent rares et leur extraction devient de plus en plus coûteuse.

Impact sociétal et social de cette frénésie du numérique

Le besoin grandissant de matières premières qui proviennent très souvent de pays utilisant une main d’œuvre exploitée, parfois même des enfants, entraîne des conditions de vie épouvantables.

Cette situation est dénoncée depuis plusieurs années par des associations humanitaires et la CFDT ne peut que soutenir des mouvements protégeant les plus faibles.

Partout dans le monde, les sites en ligne comme AMAZON ont tant de clients, les délais sont tellement courts et les hangars si immenses que les cadences imposées aux salariés sont extrêmement préjudiciables à leur santé tant physique que psychologique.